SOMMET DES TROIS BASSINS : POUR UNE COOPÉRATION SUD-SUD RENFORCÉE

La ministre de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, Arlette Soudan Nonault, également Coordonnatrice de la Commission Bassin du Congo, s’est exprimé le samedi 2 septembre 2023, face à la presse à Brazzaville, pour présenter le prochain Sommet des Trois Bassins des Écosystèmes de Biodiversité et des Forêts tropicales. Prévu pour les 26, 27 et 28 octobre à Brazzaville, la ministre se réjouit d’une organisation suffisamment avancée, et s’attèlle désormais pour l’atteinte des objectifs.

Arlette Soudan Nonault, repondant aux questions de la presse

Porté par la Commission Bassin du Congo, dont la présidence est assurée actuellement par le président Denis Sassou Nguesso, le Sommet des 3 Bassins a pour objectifs spécifiques l’établissement d’une coopération sud-sud renforcée, le renforcement de la gouvernance inclusive pour chaque bassin, la création et l’institution de l’alliance des trois bassins et de sa gouvernance ainsi que le développement d’une stratégie commune.

Les trois bassins représentés, notamment l’Amazonie, le Bassin du Congo et le Bornéo Mékong, couvrent à eux seuls 80 % des forêts tropicales du monde et deux tiers de la biodiversité terrestre. Jouant ainsi un rôle essentiel de régulateur du bilan carbone. Malheureusement, les pays qui s’y trouvent font face à plusieurs défis qui ne leur donnent pas accès au marché mondial du carbone souverain. Selon les experts, pour surmonter ces obstacles, ces pays ont besoin de renforcer leur cadre institutionnel et réglementaire, de développer leurs infrastructures numériques, de mobiliser des ressources financières et techniques, et de renforcer leur dialogue et leur collaboration avec les autres parties prenantes.
S’agissant des pays du bassin du Congo, plusieurs défis sont à relever tels que le manque de données et de capacités techniques pour mesurer, rapporter et vérifier les réductions d’émissions, le manque de financement et d’incitations pour mettre en œuvre des actions climatiques ambitieuses et durables et le manque de coordination et de coopération entre les pays de la région avec les autres acteurs internationaux.

Dans cette région, la République du Congo fait partie des bons élèves. En effet, il a signé un accord avec le Fonds de partenariat pour le carbone forestier – FCPF- de la Banque mondiale pour réduire ses émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts. Avec un taux de déforestation de 0,1 %, la République du Congo s’engage à réduire ses émissions de 48 % d’ici 2030 et prévoit notamment de développer les énergies renouvelables, d’améliorer l’efficacité énergétique, de promouvoir l’agroforesterie et de réduire la déforestation et la dégradation des forêts. Des efforts pourtant significatifs mais pas récompensés à leur juste valeur. Assurément, si l’on parle du principe de pollueur – payeur, il serait judicieux de veiller à ce que les régulateurs et les bons élèves soient récompensés, Arlette Soudan Nonault parle d’une injustice climatique :

 » Nous ne pouvons pas comprendre que les Etats du Nord de la zone de l’Organisation de Coopération et de Développement Économique – OCDE – arrivent à avoir de financement de la tonne de carbone à un coût estimé entre 70 et 120 dollars, et que nous, les bons élèves de l’atténuation, nous nous retrouvons avec notre carbone bradé entre 5, 8 et 10 dollars la tonne « .

A declaré Arlette Soundan Nonault.

Selon le principe du pollueur – payeur, les émetteurs qui dépassent leurs quotas d’émission de GES – Gaz à Effet de Serre – doivent acheter des crédits carbones aux réducteurs qui en ont généré en mettant en œuvre des projets écologiques, comme la plantation d’arbres, le développement des énergies renouvelables ou l’amélioration de l’efficacité énergétique. D’où l’importance pour les pays se situant dans les 3 bassins de mettre en place une coopération sud-sud, afin de parler d’une seule voix et de faciliter leur intégration au marché du carbone mondial.

Un sommet fédérateur…
Force est de constater la mobilisation des organisations régionales comme l’OCTA – Organisation du Traité de Coopération Amazonienne et l’ASEAN – Association des Nations de l’Asie du Sud-Est – pour la réussite de ce sommet et l’engouement manifesté par les organismes internationaux, tant sur les plans techniques que financiers. 

 » Les experts ont été recrutés par les agences des nations unies notamment le PNUD, l’Unesco, et l’UNICEF pour nous accompagner afin d’approfondir notre connaissance sur les 3 grands bassins et de consolider les contenus spécifiques à chaque région dans les domaines du climat et de l’environnement « .

A precisé Arlette Soudan Nonault
Les Ministres Alette Soudant Nonault et Jean- Claude Gakosso reçus par le président Félix Tshisekedi

Reçus en audience par le président Félix Tshisekedi de la République Démocratique du Congo – RDC -, les ministres Arlette Soudan Nonault et Jean claude Gakosso – Ministre des Affaires Etrangères, de la Francophonie et des Congolais de l’étranger, ont été rassuré par ce dernier de l’engagement de la RDC a œuvré de concert avec la République du Congo dans l’organisation et la réussite du prochain Sommet des Trois Bassins. Notons que le sommet va accueillir plusieurs chefs d’Etat ainsi que plus de 1500 participants. 

Iris Tala