NSIA SLAM POUR LA VIE : OKANDZE OBILI PRINCE OWEN QUALIFIÉ POUR LA FINALE

Élève en classe de Première C à l’École Militaire Préparatoire Général Leclerc, derrière l’uniforme et la rigueur qu’impose son cadre de formation, se cache une âme sensible, un slameur en devenir, déterminé à laisser une empreinte à travers les mots.

Okandze Obili Prince Owen, laureat du groupe B/ Concours Slam pour la vie

Né à Brazzaville, son enfance a été bercé par la quiétude des zones périphériques, loin du brouhaha urbain. Une enfance, qu’il décrit comme paisible et sans bouleversements majeurs, jusqu’à ce jour décisif qui marquera un tournant irréversible : son entrée à l’école militaire. Ce moment, gravé dans sa mémoire, symbolise pour lui la fin d’une insouciance et le début d’une transformation. Là où beaucoup voient une formation, lui y voit une rupture, celle d’un enfant contraint de grandir plus vite.

C’est également dans cet environnement exigeant que naît sa rencontre avec le slam, lors des compétitions interscolaires. Une découverte presque inattendue, mais qui va progressivement prendre une place essentielle dans sa vie. Le déclic survient lorsqu’il trouve le courage de déclamer, pour la première fois, un texte qu’il a lui-même écrit. Ce moment marque une révélation : le slam n’est plus seulement une activité, il devient une nécessité, un moyen d’expression profond.

Comme tout parcours artistique, le sien n’a pas été exempt de défis. Le plus difficile reste le commencement, affronter le regard des autres, apprivoiser le trac, et surtout vaincre une timidité ancrée depuis l’enfance. Il avoue même avoir envisagé d’abandonner, convaincu à un moment que cette voie n’était pas faite pour lui. Mais les encouragements de son entourage ont ravivé sa détermination et l’ont poussé à continuer.

À travers ses textes, Prince Owen porte un regard lucide sur sa génération. Il s’inquiète notamment du désintérêt croissant des jeunes pour l’école, et plus particulièrement pour la littérature, souvent reléguée au second plan. Par son art, il s’est donné une mission : redonner à la parole écrite et déclamée toute sa valeur, et prouver que les lettres peuvent, elles aussi, construire des avenirs solides.

Parmi les thématiques qui lui tiennent à cœur, la prévoyance occupe une place importante. Sensible à la condition de nombreux aînés vivant dans des situations précaires, il appelle à une prise de conscience collective. Pour lui, anticiper l’avenir, épargner et se préparer aux imprévus sont des actes de responsabilité, tant individuelle que familiale.

Son passage à la compétition NSIA Slam pour la vie reste une expérience marquante. Entre pression et imprévus, notamment la réalisation précipitée de sa vidéo, il ne s’attendait pas à atteindre les finales, encore moins à se démarquer. Pourtant, cette aventure lui a permis de se confronter à des adversaires de taille et de grandir artistiquement.

Si ses mots avaient le pouvoir de transformer une chose dans la société, ce serait sans hésitation le complexe, ces barrières invisibles qui empêchent tant de jeunes d’oser être eux-mêmes.

Aujourd’hui, Prince Owen s’adresse à tous, mais particulièrement à sa génération. Son message est simple, mais puissant : oser s’exprimer, dire tout haut ce que l’on pense, et ne jamais laisser la peur étouffer sa voix.

Car pour lui, le slam n’est pas seulement un art. C’est une libération. Une affirmation. Une promesse.

Mildred Moukenga