MUSIQUE « ZONGA NA SIMA » : CHANSON CONNUE, AUTEUR INCONNU

« Zonga na Sima » c’est le titre d’une chanson populaire en République du congo, interpretée et écrite par un certain Micko Serge, aussi appelé « Molala » , artiste, compositeur et chanteur de musique traditionnelle. Chantée en langue « Mimbelly », une tribu du département de la Likouala au Congo Brazaville, Micko Serge commence la musique très jeune, en étant animateur lors des cérémonies telles que les mariages et les veillées mortuaires. Excellent joueur du « koundé », il n’a pas fallu du temps pour qu’il se lance dans la chanson. C’est en 2012 qu’il rentre en studio pour la première fois, pour produire « Zonga na sima », une chanson dont le succès traversera les continents sans promotion, ni prestations. 10 ans plus tard, ce chef d’œuvre intemporel continue d’être un succès musical nonobstant le manque de visibilité de l’auteur. Notre rédaction l’a rencontré, voici donc son interview exclusive.

INTERVIEW EXCLUSIVE

Qu’est-ce qui vous a inspiré dans l’écriture de Zonga na sima » ?

Molala: J’ai été inspiré par ma propre vie. À cette période, je venais de me séparer de mon épouse, la mère de mes 4 enfants. J’ai très mal vécu cette séparation, c’est un événement qui a beaucoup marqué, c’est ainsi que j’ai créé la chanson « zonga na sima »

De quoi parle cette chanson ?

Molala: La chanson parle de mes problèmes, je pleure dans cette chanson. Je ne m’attendais pas à me séparer de la mère de mes enfants. Dans le premier couplet, je dis « lè nga lélé eee, lè nga lélé makambo », cela signifie « laisser moi pleurer pour mes problèmes ».

Que signifie la phrase « ewoundola nziya », un autre mot qui revient souvent dans cette chanson…

Molala: »Ewondola nziya » c’est comme un bulldozer qui déracine les arbres les plus géants de la foret, dans cette chanson je voulais tout simplement dire que même celui qui est très fort comme le bulldozer, a ses faiblesses, personne n’es aussi fort pour ne pas être touchée par les coups de la vie. C’est une ode à la tolérance, car parfois, nous avons tort de croire que les personnes d’apparence fortes ne souffrent pas.

Votre œuvre est connue, malheureusement vous-même, vous êtes toujours dans l’ombre, comment expliquez-vous cela ?

Molala:Tout d’abord, je tiens à remercier l’honorable Venance Monia, car c’est grâce à lui que nous avons eu les moyens de rentrer au studio pour enregistrer cette chanson. Aujourd’hui, si je ne suis toujours pas connu, c’est juste parce que je n’ai pas les moyens de faire la promotion et de produire, ne serait-ce qu’un clip afin que les gens me découvrent aussi. À l’ère de la révolution du numérique, c’est facile de partager les œuvres dans le monde entier. mais si les artistes que nous sommes n’en bénéficient pas, c’est assez dommage. Je fais partie du groupe « Bossounga Classic » de la Likouala, nous faisons quelques animations de temps en temps, mais ce n’est pas suffisant pour une carrière. Mon vœu le plus ardent aujourd’hui est que l’on puisse nous donner les moyens pour valoriser la musique traditionnelle de notre pays. Ce qui intéressera les autres chez nous, c’est ce qui est propre à nous, notre identité. C’est ça qui déplacera les touristes, etc. Nous devons faire un effort de vendre notre culture à l’extérieur comme les autres pays, à travers notre originalité et la musique traditionnelle en fait partie.

Votre mot de la fin…

Molala:Je lance un appel à tous ceux qui aiment la chanson « Zonga na sima », voici 10 ans que cette chanson existe, sans clip, sans album, sans promotion. Vous qui la consommez et qui passez des moments heureux grâce à elle, nous avons besoin de vous pour la réalisation de son clip. Nous lançons une levée de fond pour cela, toutes vos contributions seront les bienvenues.

Publié le 19 Septembre 2022/ MATA Magazine